Bosch à Rodez : une transition vers la fin de l'activité ?

Publié le par NPA Auto Critique

L’usine Bosch de Rodez de 1600 salariés est spécialisée dans la fabrication d’injecteurs pour les moteurs diesel. Elle est donc directement affectée par la crise du diesel partout en Europe. La direction de l’usine exerce depuis des mois un chantage à la survie de l’usine. Au mois de mars, des débrayages avaient bloqué la production de l’usine pendant une semaine.
Le chantage de Bosch a abouti mercredi 4 juillet à un accord baptisé « de transition » avec les syndicats CGC, CFDT et SUD, le syndicat majoritaire dans l’usine. Seule la CGT a refusé de signer cet accord.

1000 euros de pertes par salariés sur l'année
En conséquence des heures chômées prévues, la perte pour les salariés s’élèvera autour des 1.000 euros par an pour 40 jours d'activité partielle. Il faut y ajouter 800 euros pris sur la prime d'intéressement. Sur l'année, un salarié va perdre de 1 500 à 2 000 euros.
Une des deux lignes de production d’injecteurs sera supprimée et l’autre devrait être mise aux normes antipollution obligatoires en 2021. Une dépense annoncée de 14 millions d’euros et pourtant provisionnée depuis plusieurs années.

Une transition vers l'extinction progressive de l'activité ?
Rien n’est réglé quant à l’avenir de l’usine et Bosch et les pouvoirs publics promènent les salariés depuis un an avec de vagues missions confiées à des consultants extérieurs pour chercher de nouvelles activités.
Pourtant Bosch est l’un des principaux équipementiers automobiles mondiaux et vient par exemple d’annoncer un investissement d’un milliard d’euros dans une nouvelle usine en Allemagne. Bien sur qu’il a les moyens de répartir ses investissements dans tous ses pays d’implantation. Et le gouvernement laisse faire.
Garantie des emplois et des activités : il faut l’imposer à Bosch et aux pouvoirs publics – gouvernement et région.

Ne pas faire les frais des mensonges patronaux sur le diesel  !
Bosch France et Benelux s’est félicité : "C'est un accord juste qui nous permet de poursuivre les actions afin de préparer l'avenir du site de Rodez ». L’accord de SUD, syndicat majoritaire, était indispensable pour rendre l’accord valable. Et le syndicat SUD de l’usine a reconnu, «on n'en est pas spécialement fier » avouant le poids du chantage patronal : "Si on ne signe pas, c'est un PSE pour la fin de l'année pour 700 personnes"
Le syndicat CGT de l’usine est donc seul à dénoncer un "accord de compétitivité sans contrepartie", et à pointer : "Bosch joue les précurseurs en matière de recul des droits sociaux et de l'emploi en France".
Les 45 000 salariés travaillant sur le diesel en France ne doivent pas faire les frais des choix et des mensonges de leurs employeurs. Ne pas laisser les salariés de Bosch seuls !

Informations correspondant NPA

 

 

Commenter cet article