Un référendum patronal pour imposer de travailler sept jours sur sept mis en échec

Publié le par NPA Auto Critique

Le groupe chinois Jinjiang est un géant de la métallurgie qui a notamment comme débouchés l'automobile.. Il emploie plus de 20 000 personnes dans le monde, principalement dans l'aluminium, la chimie et l'énergie. Sa filiale Europe, dont le siège social est en Ariège, rachète des usines en France. Pour les développer ou n’être qu’un chasseur de primes ? Après, pour cessation de paiements, la mise en redressement judiciaire lundi 28 juillet de l’usine lorraine de Villers La Montagne, c’est au tour de l’usine du bassin de Decazeville, anciennement SAM, d’être visée.
Renault le donneur d'ordre
C'est pour Renault, que notamment les carters de boites vitesse sont fabriquées.  L’activité devrait baisser de 20 % en 2019 et les effectifs sont passés de 570 personnes au moment du rachat à 420 actuellement avec un non recours aux intérimaires
.
La déléguée du syndicat CGT de l'usine ,  Ghislaine Gistau , indique à la presse :  "nous avons appris qu’il n’y aura pas de travaux d’entretien des fours durant les congés d’août. Tous ces éléments nous font craindre à terme un désengagement des Chinois, pourquoi pas par le biais d’un redressement judiciaire, comme pour FVM, cette fois en faisant porter le chapeau aux salariés s’ils répondent non au référendum et refusent de travailler 7 jours sur 7."

Un référendum pour imposer le 3x8 sept jours sur sept
Un référendum patronal d’entreprise a été organisé jeudi 1er août pour proposer aux salariés une ouverture de l’usine 7 jours sur 7, 24 heures sur 24 , avec 5 équipes . Et il était aussi proposé l’externalisation des nouveaux projets d’usinage. Des menaces étaient proférées pour contraindre les salariés à répondre oui à ce diktat.

L’usine de la SAM est dans le bassin de Decauville dans l’Aveyron une usine aux fortes traditions de lutte. Un non massif aux propositions patronales a été enregistré.
Le communiqué de la CGT Juinjiang SAM de Viviez
« Avec un taux de participation de 82,3 % les salariés ont manifesté une fois de plus un très grand intérêt porté à leur entreprise. Une très large majorité des salariés s’est exprimée contre les propositions faites par la Direction Générale avec 88,38 % contre le 5X8, 68, 20 % contre le cycle de travail (sans RTT) et 85.3 % contre l’externalisation de nouveaux projets d’usinage. En sachant, que les 7,65 % des salariés qui se sont prononcés pour le 5X8 et les 29,36 % de salariés qui se sont prononcés pour le cycle de travail (sans RTT), ne sont pas forcément des salariés volontaires, pas forcement des salariés concernés par le changement d’horaire, mais des salariés qui ont répondu uniquement à la question posée sur l’ouverture générale de l’usine en 7jrs/7jrs.

La très large majorité qui a voté en faveur du non, a surtout exprimé un manque de confiance envers l’investisseur, ainsi qu’à son manque de transparence et l’absence de perspective d’avenir et de pérennité du site. Nous ne doutons pas que l’esprit d’ouverture dont fait apparemment preuve M. XU lui permettra de tenir compte de cette expression démocratique et qu’il respecte enfin les engagements pris devant le Tribunal de Commerce de paris le 22 décembre 2017 pour permettre aux salariés de travailler enfin dans la sérénité. Les élus CGT et les salariés de SAM qui se sont battus de long mois pour la survie de leur entreprise, sont convaincus et réaffirment que cette usine à un énorme potentiel mais qu’elle souffre d’un manque d’investissement et de stratégie industrielle».

Commenter cet article