Avec les accords compétitivité-emploi, on s'endort en France et on va se réveiller en Grèce !

Publié le par Vie des Travailleurs NPA PSA Mulhouse 19 novembre 2012

Après les « pigeons », après le rapport Gallois, c'est à dire du Medef, et ses 20 milliards de cadeaux au patronat que les salariés devront payer dès 2013 par une hausse généralisée de la TVA et la réduction des dépenses de services publics, le gouvernement, qui n'en est plus à un reniement près, encourage maintenant les syndicats à signer avec le patronat d'ici la fin de l’année les accords compétitivité emploi

 

Ce sont des accords du type de ceux signés à PSA SevelNord, négociés aussi aujourd'hui dans le groupe Renault, que le patronat voudrait faire étendre à tout le pays par le gouvernement. Cela signifie que le temps de travail et les horaires pourraient varier, entreprise par entreprise, en fonction de la seule décision du patron, que le patron pourrait licencier ceux qui ne voudraient pas se plier à une telle flexibilité, que les salaires seraient bloqués voire diminués, que les jours de RTT pourraient être rognés, que la mobilité des salariés entre sites serait renforcée, que les CDI seraient remis en cause par des CDI de mission de 3 ou 4 ans, que le recours aux Prud'hommes en cas de licenciement serait limite...

 

En échange, les patrons s'engageraient à moins recourir aux licenciements et à essayer de ne pas fermer d'entreprise. Autrement dit, des efforts précis exigés des salariés et des promesses de la part du patronat. Or ces accords n'ont aucune efficacité pour protéger l'emploi puisqu'ils sont appliqués en même temps partout en Europe. Bref ce n'est qu'une manière d'en finir avec la durée légale du travail, les conventions collectives et le code du travail en échange de paroles et du vent.

 

C'est le genre d'accord qui a été signé par exemple à l'usine GM Strasbourg il y a deux ans et que le patron veut maintenant fermer. C'est aussi un tel accord que Renault vient de signer avec les syndicats espagnols, par lequel les salariés doivent s’engager à travailler un nombre de jours plus important sans augmentation de salaire. C'est encore ce type d'accord chez Fiat en Italie qui a complètement flexibilisé les horaires, conditionne la protection maladie au bon vouloir du patron, interdit les syndicats qui ne se plient pas, etc., ce qui n’empêche pas le patron de continuer à menacer de licenciement et de fermer des usines. C'est le doigt dans l'engrenage d'une spirale sans fin.

 

Après la manifestation au Salon de l'auto le 9 octobre,et la journée d'action européenne du 14 novembre,  nous devons nous montrer solidaires, d'une manière ou d'une autre... si nous ne voulons pas nous réveiller brutalement en Grèce après Noël.

Publié dans Peugeot

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