Chômage technique chez PSA en conséquence du juste à temps mondialisé des échanges

Publié le par Blog NPA Auto Critique 28 mars 2011

Le tremblement de terre et le tsunami de Japon voient leurs conséquences dramatiquement amplifiées par l’organisation de la production industrielle mise en œuvre par les économies capitalistes en ce début du 21 ème siècle. La catastophe nucélaire est dans tous les esprits.  Mondialisation des échanges,  mise en pratique du juste à temps et du zéro stock, recherche du profit dans tous les domaines de la production : ce sont bien des inventions humaines d’une minorité aboutissant à des catastrophes humaines pour la majorité.

Le juste à temps « imagine » que l’on puisse s’organiser sans délais, ni stocks comme s’il n’y avait jamais ni panne, ni accident, ni grève. Si on construisait des routes à une voie dans chaque sens, cela supposerait qu’aucun véhicule ne s’arrête : c’est une idée tellement absurde qu’elle n’est pas appliquée. Pourtant le juste à temps organisé par les bureaux d’études sous la contrainte féroce de la course à la rentabilité repose sur la même idée absurde que les arrêts « imprévisibles » n’existent pas. Les ingénieurs ne veulent pas le savoir : tout doit fonctionner selon les plans et tant pis pour la réalité.

Ce que révèle la catastrophe d’aujourd’hui, c’est l’importance de la mondialisation physique des échanges dans le domaine des équipements. Les grandes marques automobiles comme Renault ou PSA ne produisent plus directement que 20% de la valeur d’une voiture finie. Le reste, c’est à dire la grande majorité, est acheté auprès d’équipementiers, de sous-traitants ou d’autres entreprises.

C’est en particulier le cas dans le domaine des équipements électroniques. Voilà pourquoi les conséquences du tremblement de terre au Japon se font sentir dans les usines européennes, et en particulier chez Peugeot. Et il ne s’agit pas de traces peu perceptibles mais bien de journées entières d’arrêt de production et de chômage partiel imposé aux ouvriers. Et ceux qui supportent le plus de conséquences sont, comme c’est toujours la cas dans ce monde capitaliste, les plus vulnérables responsables de rien du tout et subissant le maximum. Les 1200 intérimaires sur les 6000 salariés de Poissy sont en première ligne des attaques.

Un article du Parisien fournit les informations suivantes :

Chez PSA, un microprocesseur essentiel pour les moteurs Diesel HDi.est fourni par l’équipementier Hitachi, incapable de le produire actuellement au Japon. Cela paralyse l’usine Peugeot Citroën de Poissy, tout comme celle d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis. Depuis mardi soir 22 mars, elle a été contrainte de stopper l’assemblage des versions diesels. Si la ligne 1, qui fabrique la C3 et la DS3, ne s’en tire pas trop mal avec la production de modèles essence, la chaîne de la 207 (80 % de version diesel) se trouve quasiment à l’arrêt.

Conséquence : la direction a procédé  à des mesures de chômage technique qui touchent l’équipe de l’après-midi jusqu’au vendredi 25 mars. Elle s’apprête à en faire autant avec celle du matin pour les deux derniers jours de la semaine.

La question des intérimaires

Mais, personnel et syndicats craignent surtout la tenue d’un comité d’établissement crucial. A l’issue de celui-ci, ils seront fixés sur le prochain programme de travail qui s’annonce plutôt morose. « Beaucoup d’autres éléments électroniques, en provenance du Japon, entrent dans la fabrication.

Cette situation peut malheureusement durer », indique Jean-François Kondratiuk (FO). « Nous subissons la politique de flux tendu avec stock zéro de PSA », martèle Farid Borsali (CGT). Pour l’instant, cette paralysie ne touche pas trop les salariés. En vertu d’un accord d’entreprise, PSA peut imposer quatre jours de chômage technique, récupérables sur d’autres périodes.

Dans le cas d’un arrêt plus long, les syndicats espèrent que l’Etat réactivera l’activité partielle de longue durée (APLD). Cette procédure, favorable aux employeurs et aux salariés qui touchent 97% de leur rémunération en cas de chômage technique, a déjà été activée durant la crise de 2009. « Si ce n’est pas accepté, ce sera dur », prévient un syndicaliste.

Reste le cas des 1 200 intérimaires, sur les 6 000 salariés du site. Pour ces travailleurs précaires, l’éventuel arrêt de la production, la semaine prochaine, pourrait signifier jusqu’à sept jours de perte nette de salaire.


Publié dans Peugeot

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