Contre la campagne de réhabilitaton de Louis Renault : Tout est à nous. Rien n'est à eux

Publié le par Blog NPA Auto Critique 14 mai 2011

La volonté revancharde des héritiers de Louis Renault ne connaît pas de limites. Les voilà qui réclament maintenant l’annulation de la nationalisation de 1945 avec bien évidemment l’envie de recevoir de grasses indemnités pour assurer une fin de vie de rentier.

Les faits sont là. La réponse des anciens responsables de la CGT de Renault Billancourt Roger Sylvain, Aimé Halbeher et Michel Certano, comme la lettre au Monde adressée par des anciens salariés de Renault, dont Clara et Henri Benoist, ces militants internationalistes de toujours, en rappellent les preuves. Les ouvrages d’historiens comme ceux de Gilbert Hatry et d’Annie Lacroix-Riz  n’ont jamais été sérieusement remis en cause.

Cette tentative de réhabilitation a bien sûr une portée politique nous renvoyant à ce présent de contre-réforme réactionnaire où les privilégiés et les nantis se croient tout permis. De nombreux médias  accordent donc une légitimité à cette campagne qui aboutit à la demande d’annulation, soixante cinq ans après, de la nationalisation d’une entreprise comme Renault

La nationalisation réquisition de Renault fut bien sûr une bonne chose, quel que soit le chemin que prit ensuite l’entreprise devenue capitaliste comme les autres, et ensuite privatisée. Beaucoup d’autres entreprises aux patrons collaborateurs ne connurent pas le même sort en 1945 alors que  toutes les entreprises capitalistes avaient accepté à l’époque de s’inscrire dans l’économie en place. Certains patrons paradaient plus que d’autres avec les autorités françaises et allemandes.  Ce n’est pas la réquisition de Renault qu’il faut regretter mais le nombre de patrons qui échappèrent à ce type de mesures.

L’explication de la réquisition de Renault n’est pas à chercher seulement dans la plus grande ardeur collaboratrice de Louis Renault. C’est  la marque d’un rapport de forces entre classes sociales. Dès cette époque les usines de Renault à Billancourt constituaient un bastion de lutte des travailleurs. Pour produire plus et plus vite, le gouvernement De Gaulle auquel participaient des membres du PCF a considéré que l’expulsion d’un patron discrédité, le « saigneur de Billancourt » était plus efficace

 Dès avant sa privatisation, Renault était devenue une entreprise capitaliste comme les autres. où les revendications se gagnaient à la force des mobilisations. Les patrons et leurs héritiers ont la mémoire tenace. Soixante cinq ans après ils n’ont rien oublié. Le mouvement ouvrier lui non plus ne devrait rien oublier : l’histoire de Louis Renault, c’est celle du patronat d’hier et d’aujourd’hui.

Tout est à nous. Rien n’est à eux !

 

Lire sur ce blog les réponses d'anciens de Renault

Lire le texte publié par l'historienne Annie Lacroix Riz

Parmi les articles du Le Monde véritable acteur de la campagne pour la réhabilitation de Louis Renault

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