Ford Blanquefort : rien n'est encore gagné

Publié le par Syndicat CGT Ford Blanquefort 8 avril 2011

 

Le préfet de Gironde, le maire de Bordeaux, Alain Juppé, et les collectivités territoriales PS se sont félicités jeudi soir 7 avril de l'avancée d'un projet industriel assurant l'avenir de l'usine Ford de Blanquefort (Gironde), la direction annonçant une décision "à la fin mai".

 

La CGT de Ford Blanquefort ne partage pas cet optimisme et appelle à la poursuite de la mobilisation. Voici sa déclaration publiée le 8 avril 2011

 

Nous ne voudrions pas refroidir l'ambiance mais devant les déclarations de satisfaction d'élus locaux et des pouvoirs publics, nous tenions à préciser certaines choses.

On se croirait revenu au mois de février 2009, lorsque le repreneur HZ s'était fait connaître. A l'époque, le gouvernement, les élus locaux, les dirigeants de Ford, la direction FAI s'étaient tous félicités de cette nouvelle déclarant que l'usine et l'ensemble des emplois étaient sauvés. Nous savons tous ce qu'il en est advenu : aucun des projets n'a abouti même celui des éoliennes présenté à l'époque comme la vitrine, HZ s'est complètement planté, l'industriel Hay présenté comme solide s'est effondré et a disparu de la circulation … tout cela 10 mois à peine après la reprise !

Nous ne disons pas qu'aujourd'hui Ford nous refait le même coup. Mais nous disons qu'il y a de quoi rester très sceptique tant la multinationale nous a fait des coups tordus depuis quelques années. Et puis nous disons que Ford refuse toujours de s'engager fermement sur l'avenir, c'est un fait que personne ne doit laisser de côté.
Ford est en train de gérer stratégiquement sa communication. Certes il y a des points positifs comme les nouveaux éléments concernant le projet de transmissions automatiques qui pourrait employer 579 salariés. Ce qui au total, en comptant les emplois liés aux 3 autres projets présentés comme acquis, ferait 955 emplois de "sauvés". Il faut savoir qu'aujourd'hui, cela reste une hypothèse car Ford le dit lui-même, la décision n'a pas encore été prise. Ford dit qu'il faut passer par un processus d'approbation qui devrait courir jusqu'à mai-juin 2011, processus d'approbation qui pour nous est une comédie pour gagner du temps, tout simplement parce que les décisions que Ford doit prendre le sont d'une certaine manière sous la contrainte de notre mobilisation.
Ford repousse encore une fois une décision qui aurait déjà due être prise depuis longtemps. Nous n'avons plus de production à partir de novembre 2011, il y a donc urgence.
De plus, les dirigeants de Ford émettent des conditions à la venue de ce projet. Il y a toujours une menace qui se précise, c'est la nécessité d'améliorer la compétitivité du site. C'est le chantage fait aussi concernant notre mobilisation "attention, vous pouvez tout perdre, ça dépend de vous !". Ford joue les "gros bras" et derrière son côté "sauveur de l'emploi", il y a pour nous le côté "on va vous faire plier".
Il n'est pas possible aujourd'hui de crier victoire ou même d'être soulagé. Aujourd'hui, Ford veut supprimer 336 emplois par un PSE qu'il n'arrive pas à faire passer (incohérent, dangereux pour l'avenir du site, avec des conditions de départ insuffisantes), son objectif reste de liquider 25 % des effectifs. Et à ce titre, nous ne comprenons pas les déclarations récentes des élus et des représentants des pouvoirs publics.
En effet, il est aberrant d'envisager des aides financières à une multinationale comme Ford qui supprime des emplois (conséquences importantes sur les emplois induits dans la région) et qui fait plus de 6 milliards de dollars de bénéfices. Sans parler des plus de 1000 emplois disparus lors de ces 10 dernières années.
Pour terminer, nous dénonçons l'opération "séduction" de Ford qui sous prétexte qu'un gros projet se mettrait en place, veut faire accepter un PSE au rabais. Ford refuse d'améliorer les conditions de départ des anciens (rappel : pensions minim 1100 euros non indexées). Ford voudrait bien avoir l'accord des syndicats sous la forme d'un très mauvais marchandage : on vous apporte un projet et vous acceptez de faire partir des "volontaires" comme les anciens aux conditions les plus basses. C'est inacceptable.
Ford veut tout : liquider des emplois tranquillement, à moindre coût ; avoir des aides publiques ; ne pas s'engager fermement sur l'avenir du site même à moyen terme.
Un bras de fer a lieu en ce moment entre Ford et les salariés. C'est notre résistance, notre détermination à ne rien lâcher qui fait que nous avons obtenu le retour de Ford, la discussion sur un éventuel gros projet et que nous obtenons des aujourd'hui encore quelques avancées.
Pour assurer l'avenir du site, la sauvegarde de nos emplois et des conditions de départs dignes pour "nos anciens", cela signifie que la bataille doit continuer. Nous n'abandonnerons pas.

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