Ford demande des concessions salariales et sociales à Blanquefort

Publié le par CGT Ford Blanquefort 10 mai 2011

La lune de miel, c’est déjà fini ? 

La direction nous demande des « concessions » salariales et sociales 

C’est inacceptable, réagissons de suite

 

La « bonne nouvelle » concernant l’avenir de l’usine est encore toute fraiche et voilà déjà le chantage de la direction pour essayer de nous faire accepter des reculs sur les salaires et sur nos conditions sociales en général. Le naturel antisocial de la maison Ford revient vite !

La direction demande que nous fassions des concessions à l’image de General Motors (diminution de RTT, blocage des salaires, pas d’intéressement aux bénéfices). La direction ne précise pas plus ses intentions mais espère bien que les syndicats « marchandent » les conditions sociales. Elle nous a demandé si nous avions des idées dans ce domaine.

Nous répondons de suite : c’est inacceptable !

Nous n’avons aucune raison, vraiment aucune raison de subir un tel chantage.

 

Profits et dividendes : c’est le top de l’indécence

 

Comment peut-on nous faire avaler ce discours lamentable sur cette soi-disant nécessité de faire encore et encore des concessions ?

Petit historique : Ford vient d’annoncer plus de 6 milliards de profits en 2010 et se prépare à battre un record pour 2011. Les deux dirigeants de la FMC (Alan et Bill) ont encaissé près de 100 millions de dollars. Les dirigeants se sont octroyés de très belles augmentations de salaires à commencer par ceux de FAI (+ 7,6 % soit une moyenne de 800 euros mensuel). Nous ne parlerons pas des gros actionnaires qui doivent se frotter les mains.

En plus, Ford assure que les années qui viennent seront des années d’investissements, de nouvelles productions, de hausse des ventes … tout semble donc aller pour le mieux.

Ford n’est pas le seul. Globalement, c’est toute l’industrie automobile qui sort de la « crise » et partage ces moments d’euphorie capitaliste. Tous les grands constructeurs, tous les gros équipementiers font des bénéfices. La plupart ont même reçu des aides de l’Etat, des milliards d’euros au travers du FSI (Fonds Stratégique d’Investissements) et du FMEA (Fonds de Modernisation des Equipementiers Automobiles), des structures mises en place fin 2008 pour « aider » les industriels comme avaient été soutenues les banques face aux conséquences de la grosse crise financière.

Ces « aides » ont permis aux patrons de se refaire une santé mais pas de protéger les salariés. Des dizaines de milliers de suppressions d’emplois, des centaines de milliers d’ouvriers au chômage partiel, des dizaines de fermetures d’usines.

Aujourd’hui il y a clairement d’un côté les profits et les gros revenus, de l’autre le chômage, la précarité et la dégradation des conditions de travail.

Partout les moyens existent pour faire autrement, partout ce sont les patrons qui doivent payer aujourd’hui. Ces moyens doivent servir à stopper les licenciements, les fermetures, et toutes les attaques sociales. Continuer la même politique d’austérité envers les plus fragiles socialement, c’est forcément aggraver la crise.

Il y a urgence pour que les richesses soient vraiment partagées entre tous. Les profits doivent être redistribués vers tous ceux qui produisent eux-mêmes les richesses. Sans ouvrier, il n’y a donc plus de production, donc plus de dividende. Les emplois doivent être sauvegardés, les salaires doivent être augmentés, c’est une question de justice, de démocratie, de respect des travailleurs.


C’est une question d’urgence sociale. Et c’est complètement légitime.

 

Des efforts partagés par tous ? Mensonges !

 

Il faut rappeler que Ford s’est entendu avec les pouvoirs publics et l’Etat. Ce sont 35 millions d’euros d’aides publiques pour la multinationale, peut-être même 40 millions. C’est déjà aberrant comme ça. Mais Ford reçoit ces aides malgré ses profits, malgré les 336 suppressions d’emplois et malgré sa volonté affichée de remettre en cause les conditions sociales des salariés. Pourquoi les pouvoirs publics n’imposent pas des conditions strictes pour protéger les salariés ? Pourquoi quasiment laisser faire les patrons comme ils l’entendent ?

De la part des pouvoirs publics, c’est certainement une politique dangereuse qui s’est déjà avérée inefficace et irresponsable depuis des années (voir la hausse du chômage) et qui risque fort se révéler catastrophique dans les années qui viennent.

La direction nous baratine comme quoi Ford ferait des efforts considérables en nous apportant la nouvelle transmission et les 3 petits projets. Mais de quels efforts il s’agit ? Celui d’investir environ 160 millions d’euros (- les 35 millions d’argent public) ? Ben voyons. De toute façon, Ford aurait investi ailleurs puisque les productions que nous devrions réaliser étaient prévues dans d’autres sites.

Ford dit avoir choisi le site FAI parce que tous les critères de rentabilité sont réunis. C’était même plus intéressant de fabriquer la transmission 6F35 dans un site déjà existant avec les compétences, les installations déjà sur place, des capacités du personnel à travailler en qualité et en sécurité. Certes Ford laissait entendre que des réductions de coût seraient nécessaires mais restait volontairement ambigüe.

Comme Macfarlane l’a dit dans une interview parue samedi 7 mai dans le journal Sud Ouest « il y a sans doute des possibilités de réduire les frais généraux, les frais de structure et autres dépenses » disant presque explicitement qu’il pensait pas aux salaires. A aucun moment Ford n’avait strictement conditionné l’avenir de l’usine à des remises en question salariales. Si cela avait été le cas, Ford aurait d’abord mis en avant la condition et fait valider le projet si nous avions accepté le chantage, comme cela s’est passé à GM ou à Fiat (Turin) par exemples.

 

Le retour de Ford et la suite ?

 

Si Ford revient et apporte de l’activité, ce n’est pas pour nos « beaux yeux ». Ford sait très  bien que l’usine est compétitive, performante et sait bien qu’il y a des bénéfices à faire. C’est d’ailleurs ce qui s’est passé pendant 35 ans. Pourquoi ne serait-ce plus le cas aujourd’hui ?

Heureusement qu’il y a eu notre longue mobilisation pour contraindre Ford à revenir et à investir à nouveau. Mais un autre facteur est déterminant : c’est la bonne santé de Ford (contrairement à il y a 3 ans), ce sont les perspectives de production à la hausse. Et c’est parce que nous avons réussi à empêcher la fermeture de l’usine, parce que FAI est toujours en activité qu’elle est devenu aujourd’hui une opportunité pour Ford.

Alors la direction ment. Elle triche et elle tente une grosse manœuvre pour tromper l’ensemble des salariés. Sa volonté est de nous manipuler pour essayer de nous grignoter encore des choses, de récupérer quelques miettes. Sa stratégie est de mettre la pression, de calmer les ardeurs des syndicats et des salariés.

Ford et la direction connaissent la situation économique avec les fortes augmentations des prix (carburants, produits alimentaires, énergies …) et la remontée des conflits pour l’augmentation des salaires. Il y a aussi chez eux comme une inquiétude que la colère explose.

Et il faut que ça pète  car il faut absolument que notre niveau de vie progresse.

Non seulement nous refusons le chantage de la direction mais nous maintenons toutes nos exigences salariales. Préparons-nous à manifester notre mécontentement dès la deuxième réunion (mardi 17 mai). Il ne faut pas laisser passer les menaces de recul.

Consulter le site de la CGT Ford Blanquefort

Publié dans Autres-constructeurs

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