Partager l'article ! Le coup de frein des Eurostamp: Pour les salariés d'Eurostamp, à Villers-la-Montagne, le bras de fer ne fait que commencer ...
Le véhicule électrique entre paillettes et réalité
Mis sur ce blog le 7 mars
Le 1er décembre 2009, les salariés d’Eurostamp ont voté une grève illimitée ainsi que des actions coup-de-poing : RN 52 bloquée et remise d’une motion à ArcelorMittal Florange. Le sidérurgiste étant actionnaire de la holding CLN Magnetto propriétaire d’Eurostamp.
Dans la logique des choses. L’action coup-de-poing des salariés d’Eurostamp est intervenue après un
épisode qui a laissé des séquelles. Jeudi soir, direction et syndicats se sont quittés fâchés. Rompant ainsi le processus de négociations. «Nous, on a tapé haut dans nos revendications
financières, mais eux, ils sont descendus bas, très bas…», confie un salarié devant l’usine. En question, la prime supra légale, celle qui devra un tant soit peu remplir les poches des
salariés y laissant leur emploi. Depuis jeudi, les deux parties ne se parlent plus que par avocats interposés. Hier matin, l’intersyndicale avait cette fois rendez-vous avec l’ensemble des
salariés, à l’intérieur de l’usine.
9 h : la grève illimitée. Réunis en assemblée générale, les salariés d’Eurostamp écoutent
leurs délégués syndicaux. La grève semble inéluctable ; un vote à main levée finit d’entériner le mouvement de grève illimitée.
9 h 30 : opération escargot. Cette fois, les Eurostamp veulent frapper fort. Ils se divisent en deux groupes, l’un statique, l’autre mobile. Les premiers plantent un piquet de
grève à l’entrée et sont décidés à ne plus laisser entrer quiconque. Même punition pour les semi-remorques transportant les matières premières. Les autres se saisissent de drapeaux frappés des
sigles des syndicats et grimpent dans leur voiture. Direction la RN 52 et Longwy.
10 h 30 : premier bouchon. Une quinzaine de véhicules roulent à 20 km/h sur la deux fois deux voies, encadrés par les voitures de police, gyrophares allumés. A cette heure de la journée,
la circulation peu dense se constitue en majorité de poids lourds roulant vers le Nord. Mais 10 km plus loin, à l’amorce du viaduc de la Chiers, les véhicules s’enfilent comme un collier de
perles sur une RN 52 ficelée.
11 h 15 : arrêt total. Après un demi-tour au niveau de la sortie "Pulventeux", le cortège repart vers l’usine. Mais cette fois, les voitures des syndicalistes s’arrêtent à plusieurs
reprises. Déclenchant deux attitudes diamétralement opposées chez leurs "suiveurs" : signes approbateurs de la main ou gestes nettement moins amicaux… «Il ne faut pas mettre la faute sur les
salariés, mais bien sûr les patrons… ça, il faut le comprendre», se défend un cégétiste posté sur un pont.
12 h 30 : au piquet de grève. Une centaine de grévistes occupent le terrain. Un feu est allumé pour se réchauffer, et les commentaires vont bon train. «On va vers un conflit dur.»
«On est prêts à aller jusqu’au bout ! » «On sait qu’ils n’ont que peu de stock, d’ailleurs, samedi la direction demandait encore à faire des heures sup'. » Les salariés assurent
se relayer jour et nuit pour maintenir le piquet de grève.
13 h 30 : la pression sur ArcelorMittal. Une délégation de l’intersyndicale part vers Florange. Objectif : donner une motion au directeur du site d’ArcelorMittal. «Mittal
détient 35 % du capital de la holding CLN dont dépend le groupe italien Magnetto propriétaire d’Eurostamp. On veut qu’il fasse pression sur les Italiens… » La partie de bras de
fer ne fait que commencer.
Olivier Chaty.
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