Le véhicule électrique : entre retards et prévisions à la baisse

Publié le par Blog NPA Auto Critique 16 juin 2011

Au plus fort de la récession de 2008-2009, les constructeurs automobiles, Renault en particulier, ont expliqué que la solution à leur crise pour garantir profits et avenir de leur industrie résidait dans la voiture électrique. C'était largement un discours de propagande dont il fallait démontrer les contrevérités et les illusions qu'il répandait.

Deux ans après, les faits ramènent à la réalité. Un rapport officiel du gouvernement vient d'être publié qui indique que la voiture de demain sera toujours thermique, c'est à dire avec un moteur à essence.

 

Lire ce rapport officiel


Pour le véhicule électrique, les obstacles ne manquent pas. Il y a tout d’abord le prix, les modèles de véhicules électriques étant aujourd’hui encore relativement coûteux par rapport à leurs équivalents thermiques. Surtout, l’autonomie demeure leur talon d’Achille avec en particulier la contrainte de recharges fréquentes.

À l’heure actuelle, il n’existe pas sur le marché de batterie à la fois peu onéreuse, fiable sur le plan technique, disposant d’une grande autonomie et d’une longue durée de vie. Les laboratoires y travaillent activement et un certain nombre de pistes paraissent prometteuses à terme, notamment les batteries lithium-air.

L’usage des véhicules électriques pourrait ainsi se développer progressivement, d’abord dans des marchés spécialisés – flottes d’entreprises, véhicules de transport en commun ou services postiers, par exemple –, puis plus largement, au fur et à mesure que les innovations technologiques le permettront.

Ces véhicules auront l’immense mérite de contribuer à réduire la pollution dans nos métropoles. Bien entendu, comme le souligne le rapport, on ne peut pas à proprement parler les désigner comme « zéro émission ». Une voiture électrique ne pollue pas lorsqu’elle roule, mais le bilan environnemental global doit prendre en compte la production de l’électricité consommée (ainsi que celle utilisée pour la fabrication de la batterie) et dépend donc du mode de production électrique de chaque pays.

 

Ce rapport officiel est à prendre avec autant de précaution et de critique - pas plus, pas moins - que le discours de Renault qui avance des prévisions au moins du double de tous les autres constructeurs sans être contredit par la plupart des gogos journalistes.

Mais il illustre comment le gouvernement français prépare son moindre soutien, y compris financiers, aux projets de véhicule électrique. Déjà un autre rapport d'un sénateur UMP avait alerté sur le coût faramineux de l'installation de bornes de recharge sur la voie publique aboutissant au constat que le coût de l'usage d'une voiture électrique serait égal à celui d'une voiture moyenne à essence. Voir l'article de ce blog sur ce sujet

Et cette nouvelle s'ajoute au report de la mise en service de l'usine de batteries de l'usine de Flins. Voir l'info publiée sur ce blog le 9 juin. Au moment où les attaques contre les travailleurs de l'automobile se multiplient, aucun miracle technologique préparé par le patronat   n'apportera de solution. C'est ce que prouve une nouvelle fois ce feuilleton toujours retardé de l'arrivée du véhicule électrique.

Publié dans Ecologie

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