Les mensonges de PSA : un argumentaire pour y répondre

Publié le par CGT PSA Saint Ouen 6 juillet

Le syndicat CGT de l'usine PSA de Saint Ouen a publié dans un tract du 6 juillet  l'argumentaire suivant pour répondre à la direction de PSA.

 

Les ventes PSA en recul en juin en France ?

Cela va dans le sens de la direction qui dit que tout va mal. Depuis le début de l’année les ventes de Renault et de Fiat ont plus reculé que celles de PSA mais personne ne le dit. Il y a 15 ans, PSA vendait 2 millions de voitures. Aujourd’hui, c’est 3,6 millions. 2010 a été le record des ventes PSA. Et si le record a été raté de peu en 2011, PSA l’avoue : c’est à cause du tsunami japonais ! Où est l’écroulement du marché ? Arrêtons la désinformation.

 

Il y a trop d’usines PSA en France ?

De 2007 à 2012, La production moyenne totale des 5 usines de montage en France est de 1 234 000 voitures par an. En 2011, il y a eu 1 242 710 voitures montées dans ces 5 usines en France. (donc plus que la moyenne) Il n’y a donc pas de « surcapacités ». Par contre, la production des usines de Poissy, Sochaux et Mulhouse a augmenté au détriment de celle d’Aulnay et de Rennes. Mais cette déstabilisation d’Aulnay a été voulue et organisée par PSA, depuis trois ans. Pour Rennes, c’est le choix de ne pas y produire la future C5 qui inquiète. Il suffit donc d’alléger Poissy, Mulhouse et Sochaux pour fournir du travail à Aulnay et à Rennes.

 

Oui mais si les voitures ne se vendent pas ?

Aulnay fabrique la C3, la voiture la plus vendue du groupe ! De l’aveu-même de Denis MARTIN, il reste 450 000 C3 à fabriquer, de quoi donner du travail au site jusque fin 2016, avant de remplacer la C3 par un autre véhicule.

 

Aulnay n’est pas rentable ?

Les « experts » automobile disent qu’une usine est rentable à partir de 75% d’utilisation. Aulnay tourne en ce moment à 100%, après avoir tourné pendant des années à 130% !



Alors, pourquoi PSA veut fermer Aulnay ?

Parce que ses dirigeants veulent fabriquer le même nombre de voitures sur 4 usines au lieu de 5 en surchargeant Poissy et Mulhouse. Par exemple, cette année, Sochaux a récupéré la 308 pour décharger Mulhouse qui a monté en régime la 208… pour soulager Poissy qui, du coup, a les moyens de fabriquer plus de C3, au détriment d’Aulnay !

PSA veut faire la même production avec plusieurs milliers de paies en moins !



Que faudrait-il faire alors ?

Répartir plus équitablement les productions sur tous les sites, ce qui éviterait les horaires à rallonge sur certains sites pendant que d’autres chôment ou sont menacés de fermeture.

 

Mais ça va coûter de l’argent et PSA dit qu’il n’en a pas ?

PSA a cumulé 10 milliards de bénéfices depuis 10 ans. Il y a un an, le PDG annonçait 11 milliards d’euros de réserves financières. Où est passé cet argent ? Il est normal que l’année qui suit les primes à la casse soit plus creuse. S’il faut faire des efforts pour passer le cap, c’est au tour de ceux qui en ont les moyens de les faire, les actionnaires qui n’ont pas besoin de tout leur argent pour vivre, contrairement à nous.

Mais PSA dit que la situation est catastrophique ?

Même quand ça allait très bien, PSA pleurait déjà. Si c’était catastrophique, est-ce que les actionnaires auraient touché 250 millions d’euros en 2011 ? Est-ce que PSA aurait racheté en 2011 pour 257 millions d’actions Peugeot. (perdues). Rien qu’avec cet argent, il y avait de quoi payer les salaires d’Aulnay pendant 4 ans ! Et quand on voit les salaires que se sont octroyés les dirigeants l’an dernier, on se dit que ce ne sont pas eux qui sont à plaindre. (9000 € par jour pour le PDG). Ce n’est pas aux salariés de payer la note.

Mais il faut bien ajuster la production à la demande ?

Oui, mais ce n’est pas aux salariés d’être la variable d’ajustement. Il faut répartir les productions et que les actionnaires soient moins gourmands.

 

Que peut faire le gouvernement ? PSA est un Groupe privé !

A chaque fois, on nous dit cela. Mais ça ne marche que dans un sens ! Les constructeurs automobile depuis des années ont touché des milliards de l’Etat, des milliards d’argent public ! En « aides », en subventions, en dégrèvement d’impôts, etc. Comment est-ce possible ? Quand il s’agit de donner de l’argent aux patrons privés, ce serait possible et quand il s’agirait d’empêcher les mêmes patrons de licencier, ce ne serait plus possible ? L’Etat a les moyens d’intervenir, bien sûr. Il reste à savoir s’il le veut !

 

L’Etat ne devrait-il pas plutôt s’occuper des reclassements ?

Les reclassements, c’est la tarte à la crème. Aujourd’hui, on ne parle plus de licenciements mais de départs en « congé de reclassement » Ça change quoi ? On fait croire aux gens qu’ils vont retrouver du travail. Une minorité en retrouve, le plus souvent à des salaires très bas. Et les autres restent au chômage ou en intérim. Le ministre n’est pas le ministre des reclassements ! Il n’est pas le ministre de l’accompagnement des licenciements. Il est le ministre du redressement productif. Il s’agit donc de développer l’emploi industriel et au minimum, d’empêcher les suppressions d’emplois et les fermetures d’usines.

 

Lire le tract argumentaire de la CGT PSA Saint Ouen

Publié dans Peugeot

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