PSA - Dongfeng : l'emploi en ligne de mire

Publié le par Source Anticapitaliste 20 mars 2014 l'

Après l'annonce de l'opération re capitalisation, c'est à dire de renflouement, de PSA, par l'Etat français et le chinois Donfgeng, il reste à régler les parts respectives des uns et des autres. Le chinois Dongfeng n'entend pas être une simple roue de secours, rôle auquel le ministre Montebourg voudrait le confiner du haut de sa suffisance chauvine.

Dans un entretien avec des journalistes français, rapporté par la directrice du Monde Diplomatique, le numéro 2 de Dongfeng a déclaré.« Des restructurations sont indispensables afin de réduire les coûts et faire jouer les synergies.. Nous sommes présents au conseil de surveillance au même titre que les deux autres partenaires », c'est à dire avec avec le même poids décisionnel.

Les fonds apportés par Dongfeng sont conditionnés aux mesures de restructurations qu'impose pour les patrons de tous les continents la concurrence mondialisée entre capitalistes. Tel est l'enjeu des discussions encore en cours avant la ratification en grande pompes par Hollande et le président chinois Xi Jinping lors de sa prochaine visite en France le 26 mars prochain. Louis Gallois « patron de gauche », ex-SNCF et ex-EADS, vient d'être désigné président du conseil de surveillance de PSA : l'État monte en première ligne.

 Moins d'emploi 

 Les commentaires enchantés formulés lors du salon automobile de Genève et de l'attribution du titre de meilleure automobile de l'année à la Peugeot 308 voudraient faire croire à la reprise. Pourtant les faits sont têtus : la production de voitures en France a été en 2013 inférieure de 42 % à son niveau d'avant crise en 2007, baisse plus importante que dans la plupart des autres pays d''Europe. Les effectifs salariés n'ont cessé de chuter. Pendant l'année 2013, avec la fermeture d'Aulnay et le plan Varin de 10 000 suppressions d'emplois, PSA a voulu rattraper le retard qu'il avait pris vis à vis de son compère et concurrent Renault en ces domaines. Et cela continue avec la suppression de lignes de montage dans les usines PSA de Mulhouse et de Poissy. Les effets de 'accord de compétitivité anti social se font de plus en plus sentir avec en particulier le gel des salaires et le raccourcissement des temps de pause. Cela a déclenché la semaine dernière un débrayage avec défilé dans l'usine de Mulhouse, la direction ayant reculé sur les temps de pause.

Plus de précarité

 La création de 600 postes de travail est annoncée dans l'usine de Sochaux, mais 450 d'entre eux sont en intérim. Une équipe de nuit travaillant à mi cadence sera mise en place au départ pour une durée de six mois. Précarité, travail de nuit  : voilà les recettes de PSA au lieu d'une répartition du travail disponible entre tous les sites et d'une réduction du temps de travail. En porte parole habituel de la famille Peugeot, Moscovici a pu saluer « l’attachement de PSA à son site historique et la pérennité de son ancrage en France ». Belle pérennité qui se fonde sur le recours massif à l'intérim !

Plus de pollution

 Au même moment, PSA et les autres constructeurs automobiles.sont mis en cause.  Le pic de pollution constaté dans une trentaine de départements français trouve son origine, parmi d'autres causes, dans les moteurs diesel dont les émanations de « particules fines » sont reconnues cancérigènes.

PSA suivi par Renault sont les champions du monde des moteurs diesel et, ceci expliquant cela, la France est le pays où la part des véhicules diesel en circulation est la plus importante. Force est de reconnaître que PSA et Renault prouvent qu'ils se moquent autant de l'emploi et des conditions de travail que de la santé publique dans les villes abîmées par la circulation automobile. Les salariés de l'automobile, en rien responsables de ces errements, n'ont pas à en payer les conséquences.

Publié dans Peugeot

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