Les résultats de Renault affichent pour 2009 une perte comptable de trois milliards d’euros. Ce chiffre est repris en boucle dans les médias et l’information interne
Renault, comme pour préparer les tavailleurs à des sacrifices supplémentaires. A destination des opérateurs financiers, la musique est différente, avec le communiqué de Renault à leur intention
commençant ainsi : « Renault remplit son objectif prioritaire pour 2009 : un free cash flow positif ». Au delà du jargon, cela renvoie à une réalité très concrète : le cash, disent les
financiers, le pognon dit on avec les mots de tous les jours : c’est la différence entre ce qui sort et rentre dans les caisses de l’entreprise pour une année. Ce cash a atteint en 2009 le
montant de 2 milliards d’euros. Voilà le vrai bénéfice obtenu.
Pour générer du cash, Renault a poursuivi la réduction de ses coûts fixes : -21% comparé à 2007, et -17% comparé à 2008..Le principal paramètre pour générer
du « cash » est bien là avec le fait qu’une part notable des frais fixes est constitué de salaires. D’autre part, le niveau des stocks de véhicules neufs a été ramené à 324 000 unités à fin
2009, soit une baisse de 41 000 unités sur l’année.
Alors, comment arrive-t-on à la perte affichée de 3 milliards. ? Il y a un milliard et demi d’euro dû aux participations financières de Renault chez Nissan, Volvo
Trucks, et le russe Auto Vaz.. Les années précédentes où les profits de Nissan et Volvo Trucks servaient Renault, c’étaient les actionnaires de Renault qui en profitaient avec leurs dividendes,
et maintenant qu’il y a des pertes, c’est aux salariés de les supporter. Voilà où est le scandale.à dénoncer !
Frais financiers et "dépréciation d'actifs"comptent pour 700 millions d’euros dans les pertes déclarées. Sans oublier 218 millions d’euros pour les
restructurations, c’est à dire pour les suppressions d’emploi, et même 118 millions d’euros de pertes financières pour la formule 1 Oui, il faut demander une véritable ouverture des livres de
compte d’un capitalisme combinant industrie et finance plus ou moins grise,. N’est ce pas le cas du siège de la holding « Nissan Renault » basé au Pays Bas pour éviter les impôts en
France.
Les chiffres publiés démontrent que Renault ne s’est pas contenté de « bien résister « à une crise qui lui serait tombé sur la tête, mais s’en est servi pour
empocher des subventions , restructurer encore d’avantage ses outils de production, couper dans la masse salariale.
En réponse aux résultats d’une telle politique, la solution n’est sûrement pas dans la revendication de « solutions industrielles nationales » qui résonnent
comme l’écho amorti du mot d’ordre catastrophique des années 70 de « produire français ». Il faudrait plutôt œuvrer à la convergence des luttes de tout le secteur automobile en France, et
au delà à l’action de tous les salariés du groupe mondialisé qu’est devenu Renault.
Crise, vous avez dit crise ! Alors qu’il y a crise avec comme conséquence réelle baisse de la production en Europe, chômage et fermeture d’usines, jamais, oui
jamais, la trésorerie de Renault, avec un montant de 9 milliards d’euros disponibles, n’a été aussi grande. Quelle leçon de choses du fonctionnement du capitalisme !
Pour information, voir le tract
CGT Renault
Par Blog NPA Auto Crtitique . 12 février 2010
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