Renault : pour Pelata, la justice doit s'arrêter aux portes de l'entreprise

Publié le par Blog NPA Auto Critique 30 mars 2011

La fausse affaire d’espionnage chez Renault révèle au grand jour les mœurs et les pratiques de la direction de l’une des plus grandes entreprises françaises La vérité "arracherait le cul" du directeur juridique.  Ce n’est  pas un mauvais polar, c’est la réalité des turpitudes patronales qui s’étale au grand jour.

La CGT Renault vient de rendre public sur son site le contenu du blog du directeur général de Renault , Patrick Pelata, adressé à tous les salariés de Renault.  Le syndicat CGT démonte le texte du patron de Renault.


Voir le contenu complet du texte de P.Pelata rendu public par le syndicat CGT Renault

Voir le site de la CGT Renault



Dans ce texte, Patrick Pelata affirme que dans une entreprise,   « C’est une grande différence avec la justice. La justice doit être équilibrée entre droit de la défense et protection des biens et des personnes. L’entreprise, elle, n’a ni les moyens de la justice ni ceux de la police, mais doit se protéger dès que le risque est élevé. Au risque de l’injustice. »


Inconscient ou cynique, Pelata reprend les arguments de toutes les milices privées d’auto défense qui tirent au premier soupçon venu.  Mais au moins, les choses sont dites : à  l’intérieur d’une entreprise, les  règles du droit et de la justice ne s’appliquent pas. On est dans un autre monde, celui la loi de la jungle et du patron tout puissant.


Merci à Pelata d’avoir confirmé que le patronat sait  s’affranchir des lois lorsque elles  le dérangent.. C’est ce que le mouvement ouvrier appelle depuis plus d’un siècle le despotisme patronal. Et il est toujours bien vivant. Les milliers de salariés injustement sanctionnés en subissent les conséquences et ils n’ont ni avocats médiatiques, ni magnéto clandestins pour se défendre.


Dans son  langage d’ingénieur muré dans sa paranoîa, Patrick Pelata s’est laissé aller à  dire ce qui dans son monde se fait habituellement mais en silence. Dans un autre style, l’un de ses subordonnés directs,  le directeur juridique et de la communication de Renault, Christian Husson, dit finalement la même chose. Il a été « balancé » par l’ancien responsable de la sécurité qui a enregistré l’une de ses  édifiantes conversations. L’Express puis le Canard Enchaîné en rendent largement compte. On y apprend que Renault n’a jamais eu de preuves et que l’enjeu de la direction  était devenu celui de sauver la mise de Ghosn. «  Si jamais la DCRI apprenait avant nous qu’il n’y a pas de preuves, là c’est la fin des haricots pour la boîte, pour tout le monde, ça part en couille c’est grave ! C’est la bombe atomique » Et pour finir la question centrale est d’éviter la « réhabilitation à grand spectacle avec cocktail au Technocentre. Là çà m’arrache le cul ! »


Avec Pelata qui explique que la justice s’arrête aux portes de l’usine et Husson pour qui   la découverte de la vérité "lui arracherait le cul", c’est le portrait en vraie grandeur du patronat d’aujourd’hui.  L'Eat détient encore 15% au capital de Renault. Copains et coquins, Sarkozy vient de leur renouveler sa confiance.

Publié dans Renault

Commenter cet article