Solidarité internationale entre les travailleurs de General Motors

Publié le par Blog NPA Auto Critique

Nous publions ci dessous un appel à la solidarité internationale signé en 2007 par des représentants de  différentes usines de General Motors

 

Charte de solidarité de GM/Opel


Nous, délégations de GM au 5e et 6e Conseil international des ouvriers de l’automobile, déclarons ce qui suit:


Nous sommes des organisateurs syndicaux, délégués du personnel, membres du comité d’entreprise et ouvriers de la base travaillant dans les usines, du syndicat des ouvriers de l’automobile en Inde, des usines de Bochum, Eisenach, Rüsselsheim en Allemagne, d’Anvers en Belgique, de GM/Colmotores en Colombie, de GM/Togliatti en Russie, de Saragosse en Espagne et d’UAW, syndicat des ouvriers de l’automobile aux États-Unis.


Nous disons NON à la politique de General Motors pour rester le no 1, sur le dos des ouvriers du monde entier, NON à la suppression de 40 000 emplois et à la fermeture de 12 à 14 usines aux États-Unis, NON aux projets de fermeture en Europe, NON à l’actuelle remise en question de l’usine à Anvers.

Nous nous dressons contre la violation de droits des ouvriers, contre la suppression d’emplois et contre un travail qui dégrade nos conditions de vie et détruit la santé des travailleurs. L’absence de droits est poussée à l’extrême dans le travail intérimaire qui est imposé dans le groupe entier. Nous ne nous contentons pas de n’importe quel travail, nous ne bradons pas nos emplois.

Pour l’avenir, notre jeunesse a besoin d’un travail digne dans des conditions dignes. Ensemble, jeunes et moins jeunes, nous sommes responsables de l’avenir de la jeunesse. C’est pourquoi nous luttons pour tous les emplois. Nous avons amassé des expériences importantes dans la lutte : aux États-Unis en 1998, à Bochum en 2000 et 2004, en Colombie en 2006, et à Anvers en 2007. Nous travaillons étroitement ensemble dans un même pool mondial de production.

Nous avons compris : Nous sommes forts quand nous l’emportons sur la division.


Pour les travailleurs des entreprises, cela veut dire : luttons tous ensemble, travailleurs avec CDD, intérimaires, ouvriers des secteurs externalisés et des sous-traitants et personnel fixe, ouvriers et chômeurs. Nous devons avancer au niveau du groupe international, en surmontant les frontières. Les contrats sur les sites par lesquels nous sommes amenés à entrer en concurrence entre travailleurs sont la mauvaise voie. La solidarité ne signifie pas qu’il faut nous plier ensemble et « partager la peine », mais que nous luttons sans nous plier ! Nous ne cèderons plus au chantage ! Nous les ouvriers de l’automobile voulons contribuer par notre unité à ce que les ouvriers dans le monde entier puissent passer à l’offensive. Nous sommes conscients de notre grande responsabilité pour l’offensive ouvrière internationale. Nous revendiquons :

 

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- Même travail, même salaire
- Un droit de grève international, général, universel et légal
- Réduction du temps de travail sans perte de salaire jusqu’à l’introduction de la journée de 6 heures dans le monde entier
- Liberté des activités politiques et syndicales chez GM et ailleurs
- Reconnaissance des syndicats dans tout le groupe à l’échelle mondiale
- Transformation des contrats intérimaires en contrats fixes !

 

Il nous faut des syndicats forts et indépendants de partis, qui unissent les ouvriers. Nous les défendons et nous y participons par des activités syndicales positives. Nous nous engageons pour nos droits syndicaux et protestons contre toutes les formes d’oppression dans le groupe GM, contre les licenciements politiques et contre la persécution et l’assassinat de syndicalistes comme en Colombie.

Un pour tous, tous pour un ! C’est plus que jamais nécessaire, et cela montre la voie de l’avenir. Nous engageons activement un large débat sur la question de savoir comment arriver à une société solidaire et libre d’exploitation et d’oppression. Nous travaillons comme suit :

- Nous nous informons les uns les autres sur nos situations et nos luttes et nous les faisons connaître chez nous. Nous organisons un large débat entre les travailleurs de notre usine pour qu’ils en finissent avec toutes les sortes de modes de pensée scissionnistes, concurrentielles ou démoralisantes. Nous n’acceptons aucun accord sur le dos du personnel de GM dans d’autres pays.

- Nous organisons la solidarité pratique et nous ne nous laissons pas abuser comme briseurs des grèves.
- Nous continuerons à soutenir ensemble tout collègue concerné par les répressions de GM.
- Nous nous soutenons mutuellement par-delà des frontières de diverses façons, matérielles et morales, par des actions de solidarité, visant des formes de lutte de l’avenir, telles que des journées d’action coordonnées et unies au niveau international du groupe, des manifestations massives, des grèves dans le groupe entier.

Cette charte, nous voulons la répandre dans toutes nos usines et tous nos syndicats et gagner d’autres soutiens.
Les temps sont mûrs pour surmonter les frontières des sites, des pays, aussi bien que de l’impuissance. Luttons ensemble, main dans la main !


Signataires :
Allemagne : Militants du journal des ouvriers « Blitz » et travailleurs de Opel Rüsselsheim, Bochum et Eisenach
Belgie : Délégation au Conseil des ouvriers de l’automobile venant de l’usine GM Anvers/Belgique
Brésil : Sindicato dos Metalurgicos de Sao José dos Campos e Regiao
Colombia : Sindicato Sintraime Seccional Bogota (Syndicat Sintraime section Bogota)
Espagne : CGT - Confederation General del Trabajo de GM Zaragoza
États Unis: Larry Goldbetter UAW USA 1981 (Syndicat uni des ouvriers de l’automobile UAW, USA groupe 1981) et Frank Hammer, UAW Detroit
Hongrie : Lazslo Kiss, Président du syndicat de Suzuki Esztergom / Ungarn
Inde : GAUTAM MODY, NTUI (Nouvelle initiative syndicale d’Inde)
Russie : GM-AvtoVAZ, Russie, Groupe local du syndicat suprarégional des ouvriers de l’automobile –signataire: Andrej Lyapin
Venezuela :  Délégation de l’usine de GM Valencia / Venezuela

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